En cette semaine de l’argent, du 25 au 31 mars, nous vous proposons un point sur l’immobilier. Locataire ou propriétaire ? Suivez-nous pour une visite guidée dans le monde de la brique.

Propriétaire, oui, mais pas à n’importe quel prix !

On l’entend souvent, les Belges ont une brique dans le ventre. Nous aimons détenir notre bien immobilier, et ça se comprend. Dans un pays où le montant des pensions se réduit comme peau de chagrin, où l’emploi se précarise, posséder son bien, c’est la garantie d’avoir un toit au-dessus de la tête et de se constituer un bas de laine, une épargne forcée, pour faire face aux périodes de turbulence de la vie.

Image de Nattanan Kanchanaprat

Acheter, moins de liberté pour plus de sécurité

Louer et se sentir libre comme l’air

Louer un bien, c’est la liberté de ne pas se fixer à un endroit. Les modalités d’une location sont relativement simples, un contrat de bail se signe rapidement. Moins de contraintes, plus de flexibilité, mais attention : le locataire reste dépendant des décisions du propriétaire et rompre un contrat de bail est soumis à des pénalités.

Louer, de l’argent jeté par la fenêtre ?

La liberté offerte par la location a un coût : chaque loyer versé tombe directement dans la poche du propriétaire. Acheter un bien, par contre, est une épargne forcée. Vous immobilisez votre argent, certes, mais quand vous atteindrez l’âge de la pension, vous serez soulagé.e de vivre sous un toit qui vous appartient.

Qui dit pension, dit diminution de ses revenus, et comment concilier une perte de revenus avec le paiement d’un loyer ? C’est une combinaison explosive qui est l’une des premières causes de précarité ou de paupérisation à l’âge de la retraite.

Enfin, si vous optez pour un emprunt hypothécaire, vous constaterez que le remboursement de cet emprunt est parfois équivalent au paiement d’un loyer.

Donc, l’achat d’un bien, une opportunité à méditer en prévision de ses vieux jours ….

Acheter, tout donner ou emprunter ?

Sauf si vous avez hérité de Tante Berthe ou que vous avez gagné au lotto, il est rare de pouvoir déposer sur la table la totalité de la somme destinée à l’achat d’un appartement ou d’une maison. Emprunter est une solution intéressante, un tour d’horizon de ses principaux avantages.

L’effet de levier de l’emprunt hypothécaire

En cas d’achat, vous n’êtes pas obligé.e de financer l’entièreté de la valeur du bien.

C’est ce qu’on appelle l’effet de levier de l’emprunt hypothécaire. En d’autres mots, la somme que vous déposerez sur la table vous donne droit à acheter un bien de valeur supérieure.

Par exemple, un apport de €30 000 vous permet de vous porter acquéreur.se d’un bien de €150 000. En moyenne, le ratio d’apports propres est de 20% du coût total d’acquisition.

Un environnement de taux (encore) favorable

Même si la radio, la télévision et la presse agitent comme une menace la prochaine hausse des taux d’intérêt, gardons la tête froide, nous restons dans un environnement de taux bas. Cela signifie qu’emprunter de l’argent pour acheter un bien hypothécaire reste une bonne affaire.

Le montant que vous devrez rembourser à la banque (ou à la coopérative), au titre d’intérêts par rapport au capital que vous avez emprunté, reste relativement bas.

A titre d’illustration, le taux actuel offert par les banques sur un emprunt hypothécaire de €150 000 à 20 ans fixe est inférieur à 2%.

Image par Tumisu

Acheter en gardant la tête froide

N’hésitez pas à faire jouer la concurrence

En fonction de votre situation personnelle (apport privé ; montant de l’achat ; durée ; niveau du taux ; taux fixe ou variable), les offres que vous recevrez des banques (ou des coopératives) peuvent être fort différentes.

Cela vaut la peine de faire son marché. Pour plus d’infos illustrées à ce sujet, voici trois sites que vous pouvez consulter :

www.test-achats.be

www.guide-epargne.be

www.topcompare.be

Attention aux frais liés à l’achat !

Droits d’enregistrement, frais de notaire, frais liés au crédit hypothécaire (ouverture de dossier ; TVA ; etc.), ne les négligez pas dans votre estimation de coûts, car ils peuvent totaliser de 15 à 20% du prix d’achat de votre bien. Sans compter le précompte immobilier, qu’il vous sera demandé de régler sur base du revenu cadastral.

Le mythe de la bulle immobilière

“Les prix de l’immobilier ne font que monter” : eh non, tout dépend du moment où vous avez effectué votre achat et du moment où vous revendrez votre bien. C’est la loi de l’offre et de la demande, ainsi que la santé du marché immobilier, qui détermineront si votre bien a pris de la valeur.

En conclusion, à la question « vaut-il mieux acheter que louer ? », des critères comme votre situation personnelle, l’état de vos finances, la phase de votre vie, seront déterminants dans votre choix. Si votre loyer est au prix du marché privé, alors clairement être propriétaire est une piste que vous devriez envisager. Par contre, il vous faudra apporter des fonds propres pour financer ne serait-ce que les frais liés à l’acquisition. Surtout, gardez à l’esprit qu’à l’âge de la pension, vous serez content.e d’avoir un toit qui vous appartient.

Dans notre prochain article, nous poursuivrons notre enquête sur les solutions pour alléger notre budget.


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *